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Réagir en cas d'intoxication

Extrait du  chapitre V.6. du Mémento de l'apiculteur,p (en Accès libre sur le site de la chambre d’agriculture).

·  Toutes mortalité massive et aiguë* doit obligatoirement être déclarée aux services vétérinaires de l’état.

En cas de suspicion d’intoxication, même si vous n’êtes pas certain de la cause, contactez les services vétérinaires départementaux. 

Informez également votre GDSA départemental (Groupement de Défense Sanitaire Apicole) et le technicien apicole de votre ADA (Association de développement de l’apiculture).

Le technicien apicole peut vous aider dans ces démarches, en remplissant avec vous une « fiche de déclaration de troubles et mortalités sur colonies d’abeilles », qui sera alors transmisse aux services vétérinaires et au GDSA local.

 

*Définition de « mortalité massive et aiguë » selon la Note de service DGAL/SDQPV/2014-899 14/11/2014 

Une colonie est considérée victime de mortalité massive aiguë lorsque : plus de 3000 abeilles sont retrouvées mortes sous forme d'un tapis devant ou dans la ruche (10% des butineuses), ou, toutes les abeilles sont retrouvées mortes dans la ruche, ou, la ruche est vide, hors phénomène d'essaimage, ou, la colonie est considérée comme une non-valeur (moins de 500 abeilles), ou, la colonie est victime de dépopulation : c'est-à-dire qu'il y a disparition brutale des butineuses avec présence dans la ruche de la reine entourée d’une population très réduite d’abeilles avec présence de couvain, de réserve de miel et de pollen en quantité.
Un rucher est considéré comme atteint d'une mortalité massive aigüe lorsque : au moins 20% des colonies, ou au moins 1 colonie lorsque le rucher en compte 2 à 5, et 2 lorsqu'il en compte 6 à 10, sont atteintes de mortalité massive aiguë, ou, le caractère aigu est déterminé par le fait que les symptômes sont apparus en quelques jours, voire 2 semaines maximum.
Les mortalités constatées en fin d'hiver ne sont pas à considérer comme des phénomènes de mortalité massive aiguë s'il n'est pas possible de les positionner dans une période précise permettant de définir leur caractère aigu. Les phénomènes de dépérissement non liés aux dangers sanitaires de 1ère catégorie ne sont pas non plus pris en compte dans ce dispositif.
Mortalité massive aiguë groupée : Mortalité massive aiguë survenant dans une période et une zone géographique données, faisant suspecter une origine commune.


Contacts services vétérinaires (DDCSPP) - Filière apiculture


 

Département

Structure

Tél. standard

mail

technicien filière apiculture

Tél. direct

Alsace

Bas-Rhin

DDPP 67

03.88.88.86.00

ddpp@bas-rhin.gouv.fr

Stéphane MULLER

03.88.88.86.54

Haut-Rhin

DDCSPP 68

03.89.24.81.76

ddcspp-spae@haut-rhin.gouv.fr

Linda  COMMEUREUC

03.89.24.81.71

Lorraine

Meurthe et Moselle

DDPP 54

03.83.29.80.40

ddpp@meurthe-et-moselle.gouv.fr

Jean-Jacques MARET

03.83.29.80.40

Meuse

DDCSPP 55

03.29.77.42.00

ddcspp@meuse.gouv.fr

 Jean François FELT

 03.29.77.42.00

Moselle

DDPP 57

03.87.39.75.00

ddpp@moselle.gouv.fr

 Yan LANGLOIS

 03.87.39.75.36

Vosges

DDCSPP 88

03.29.68.48.48

ddcspp@vosges.gouv.fr

 François MANGIN

 03.29.68.49.25

Champagne / Ardennes

Ardennes

DDCSPP 08

03.24.33.66.00

ddcspp@ardennes.gouv.fr

 Anissia FALZONE 

 03.10.07.34.26

Aube

DDCSPP 10

03.25.80.33.33

ddcspp@aube.gouv.fr

 Véronique PUISAIS

 03.25.80.88.81

Marne

DDCSPP 51

03.26.68.62.73

ddcspp-sv@marne.gouv.fr

 Michel CRUBLET

 03.26.68.62.89

Haute-Marne

DDCSPP 52

03.52.09.56.00

ddcspp@haute-marne.gouv.fr

 Jean François FELT

 03 52 09 56 17

 


·  Prélèvements et analyses de résidus dans les matrices apicoles
Si la suspicion d’intoxication peut être retenue, une enquête des services vétérinaires pourra être lancée. Sinon, les analyses éventuelles devront être financées par l’apiculteur et/ou le GDSA.

 

*     

Les prélèvements sont à réaliser le plus tôt possible

Il est primordial d’intervenir rapidement. Seuls les prélèvements réalisés et congelés dans les 24 heures qui suivent l’apparition des troubles pourront permettre d’identifier des traces de molécules chimiques. Il est inutile d’analyser des abeilles mortes depuis plusieurs jours ! Vous pouvez prélever vous-même des échantillons dès que vous constatez les troubles, avant la visite d’un agent ou d’un technicien. Cependant, seuls les prélèvements réalisés par l’agent assermenté feront foi.


Prélevez suffisamment d’abeilles fraîchement mortes ou vivantes et symptomatiques.

Vous pouvez également congeler un cadre avec du couvain, du miel et du pain d’abeille… mais l’échantillon le plus intéressant à analyser est le pollen de trappe  (voir ci-dessous).



·  Procédures de prélèvement d’échantillons

 

Téléchargez les Fiches techniques de prélèvement pour les analyses pathologiques et toxicologiques sur le site de l'ITSAP.

 

ü Fiches de prélèvement pour les diagnostics pathologiques

ü Fiches de prélèvement pour les diagnostics toxicologiques

ü Fiche commémorative de prélèvement

 

Ces fiches conseillent les utilisateurs sur le matériel adapté au prélèvement de chacune de ces matrices et les orientent vers la procédure recommandée pour l’obtention d’échantillons de qualité. Des indications sur la quantité d’échantillons à prélever ainsi que sur les conditions de stockage et de transfert vers les laboratoires prestataires sont aussi présentées sur chacune des fiches techniques.

 

Un modèle de fiche commémorative de prélèvement est également proposé afin de faciliter la traçabilité des échantillons par les utilisateurs.

 

Contact : cyril.vidau@itsap.asso.fr



·  Le pollen de trappe : un échantillon de choix

Les pelotes de pollen contenues dans les « trappes à pollen » reflètent directement les apports alimentaires des colonies à un instant donné.

C’est le prélèvement le plus pertinent à analyser pour examiner la nature des ressources alimentaires d’une colonie ainsi que pour rechercher la présence de contaminants.

L’analyse du « pain d’abeille » (la pâte de pollen stockée dans les alvéoles), est moins pertinente car il est présent dans la ruche depuis un temps indéterminé.



Conseils :

 

      Le plus rapidement possible après le cas de constat de "troubles" sur un rucher, mettre en place quelques trappes à pollen. Vous aurez ainsi un « échantillon » des ressources exploitées par les abeilles.

*     Toutes les ruches d’un même site n’exploitent pas les mêmes ressources. Placer des trappes sur 3 ou 4 colonies et faire analyser un mélange des pollens récoltés.

*       En cas de prélèvement de pain d’abeille, l’échantillon doit être représentatif des réserves présentes dans la colonie :

        Réaliser plusieurs prélèvements, sur plusieurs cadres d’une même colonie. La quantité à prélever est de 30 g.

        Pour le conditionnement éviter le plastique et préférer des boîtes en carton.

        Eviter la présence de miel, sinon il se répand sur le pain d’abeille rendant ainsi son extraction impossible.

*   Les prélèvements doivent être envoyés au laboratoire dans un colis rigide afin d’éviter tout risque d’écrasement, avec leur identification et une fiche de commémoratif dûment remplie.


Vers un Observatoire des Mortalités et des Alertes chez l’Abeille

L’ITSAP met en place un observatoire des résidus de pesticides détectés dans l’alimentation de l’abeille

Les analyses réalisées par les apiculteurs et les techniciens des ADA et des GDSA ont permis de réunir beaucoup d’informations. Cependant, les protocoles de prélèvement et d’analyses sont variés. Suite à la loi d’avenir de l’agriculture et son article L253-8-1 sur la phytopharmacovigilance, un Observatoire des Mortalités et des Alertes chez l’Abeilles (OMAA) va être élaboré par l’ANSES et l’ITSAP-institut de l’abeille en collaboration avec l’INRA (UMT Prade).

En harmonisant la conduite des investigations et en objectivant les mortalités et les affaiblissements, il sera possible d’organiser une base de données avec tous les résultats d’analyses. Les résultats issus de cet observatoire seront diffusés aux apiculteurs et au grand public.

En savoir plus :

*    -  Conférence présentant le projet : https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/RSC-Co-141209Vidau.pdf

*    -  Compte-rendu du séminaire ADA Occitanie 2017 – conférence de Cyril Vidau


   (Chapitre suivant du Mémeno de l'apiculteur : 7/ Abeilles et réglementation phytosanitaire).