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Bilan VP100 en Grand Est - 2019


1er bilan collectif de l’infestation varroa en Grand-Est – fin mars 2019

Publié dans le Flash Abeille n°51


Une dizaine de ruchers ont été « passés au peigne fin » entre le 21 et le 25 mars 2019. Nous vous présentons ici une synthèse des observations réalisées, en comparant « simplement » les ruchers « en BIO » avec les ruchers en conventionnel (Apivar).

Attention ! Nous rappelons que :

  • Ces informations ne vous permettent pas de vous faire une idée, même vague, de la situation de vos ruches ! Elles ne valent que pour les ruchers « sondés ».
  • Nous présentons ici toutes les données observées pour les ruches « Bio » et « conventionnelles ». Au niveau des apiculteurs, nous en avons tiré des conclusions différentes suivant les ruchers : par exemple, tel rucher « Bio » avait un taux moyen de VP/100 qui dépassait le seuil d’alarme au printemps (ce seuil a été estimé à « 2 VP/100 » suite aux travaux en Provence et Aquitaine -  voir l’étude ADAAQ/ADAPI/INRA ; des travaux sont en cours pour affiner ces estimations).
  • Nous pouvons observer et retenir que :
    • Globalement, les ruchers traitées avec Apivar sont bien déparasitées, sauf cas particulier (il est important de pouvoir détecter et réagir à ces cas particuliers).
    • En « Bio », nous observons que certains ruchers sont bien déparasités tandis que d’autre ne le sont pas, en fonction des stratégies de lutte mise en place (mode d’application de l’acide formique ou de l’acide oxalique, par exemple).


Cette étude participative nationale nous permettra à terme, une fois les données accumulées, de comparer avec plus de finesse et de détails les mérites respectifs des différentes méthodes de lutte !

Cette première présentation sur 10 ruchers seulement apporte déjà des informations.


Merci à tous ceux qui nous enverrons leurs propres mesures !  (Lien vers l'étude participative)





Comparaison des méthodes de lavage au TEEPOL (détergeant) / à l'alcool (lave glace hiver).

COMPARAISON 1 :


Après avoir réalisé la mesure VP100 sur 40 ruches, nous avons relavé une seconde fois les mêmes abeilles avec la seconde méthode. Le but était de vérifier qu'il ne restait pas des varroas "non détectés" lors du premier lavage.


Résultats :



Lavage Teepol

Lavage Alcool (2e lavage)

Rucher 1

0 varroas (total sur 10 ruches)

0 varroas (total sur 10 ruches)

Rucher 2

0 varroas (total sur 10 ruches)

0 varroas (total sur 10 ruches)

Rucher 3

14 varroas (total sur 10 ruches)

9 varroas (total sur 10 ruches)

Rucher 4

0 varroas (total sur 7 ruches)

0 varroas (total sur 7 ruches)



COMPARAISON 2 :


Nous avons réalisé 2 prélèvements d'abeilles par ruche. Chacun a été "lavé" avec l'un des deux méthodes. L'objectif était de vérifier si les résultats était cohérents entre eux ou non (comme il ne s'agit pas des mêmes abeilles, il est normal d'obtenir un résultat différent : en prélevant des abeilles, on « échantillonne » au hasard dans la colonie).


Lavage Teepol (1er prélèvement d'abeilles)

Lavage Alcool (2e prélèvement d'abeilles)

Rucher 5

22 varroas (total sur 10 ruches)

30 varroas (total sur 10 ruches)

 


Observations :

  • Les résultats sont très cohérents entre eux. Un "zéro varroas" est bien un "zéro varroas" (la méthode au détergeant ne passe pas "à coté" de varroas).
  • Dans le cas des ruchers infestés, nous détectons bien la présence de varroa. Le chiffre exact du nombre de VP/100 abeilles varie un peu, mais c'est "normal" car il s'agit de méthode d'estimation de l'infestation et non pas de mesures exactes de celle-ci. Cela ne change pas le résultat pour les apiculteurs : l'infestation est bien détectée !
  • Le lavage à l'alcool semble préférable car plus sensible (à vérifier : meilleure séparation des varroas accrochés aux abeilles ?).

 





Bilan VP100 AOUT 2019
Données collectées en août 2019 :
Sur ce rucher, 4 ruches dépassent le seuil d'alarme théorique (mesures effectuées avant traitement anti-varroa).




État des ruches à la sortie de l'hiver (mars 2020) :

Malgré l’application des médicaments, après la mesure de l’infestation, nous constations que les ruches les plus infestées fin 2019 présentent encore des signes d’affaiblissement.

Observations :

  1. En fin d’année 2019, les ruches fortement infestées à l’automne (4 VP/100 et plus) présentent une baisse plus forte de leur population d’abeilles. En mars, cette population reste faible.
  2. Les ruches fortement infestées ont des surfaces de couvain plus importantes à l’automne(elles ont même tendance à avoir en octobre un peu plus de couvain que les autres). Pourtant on voit leur population d’abeilles décroitre plus rapidement que les ruches moins infestées ! (le couvain ne donne pas naissance à des abeilles en bonne santé).
  3. En mars, les surfaces de couvain ouvert ne repartent pas à la hausse. Les abeilles sont moins nombreuses (moindre capacité d’élevage). Le couvain est lacunaire, avec des symptômes de varroose.

Les données ne sont cependant pas assez nombreuses pour donner de réels résultats d’analyse. Ce sont des tendances.

Les graphiques présentent les estimations de quantité d’abeilles, de couvain fermé et de couvain ouvert obtenues par la méthode du ColEval® (moyennes et écart-types).